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  • jean-michel

Beau ou mauvais temps? Le Jour du Dépassement

Le Jour du Dépassement, aujourd’hui tout le monde connait cet indicateur de notre surconsommation par rapport à ce que la planète peut renouveler.

Cette réalité extrêmement inquiétante est parfois exprimée en nombre de Terres dont nous aurions besoin pour n’utiliser que ce que notre monde est capable de régénérer chaque année. Actuellement, nous aurions besoin de l’ordre de 1,6 Terre. Ceci signifie que nous sommes en train de nous appauvrir dramatiquement, nous vivons à crédit.

Appauvrir, car pour maintenir notre consommation excessive, nous sommes contraints de convertir sans cesse des milieux naturels, auto-régénérants, en milieux artificiels pour l’agriculture, l’élevage, les zones industrielles, les infrastructures de transport… Bref nous dilapidons le Capital et cela ne durera pas indéfiniment…, car le Capital est limité.

Et encore le Jour du Dépassement n’adresse-t-il que le cycle du carbone. Certaines ressources, hors de ce cycle, notamment les minérales strictement non-renouvelables, sont-elles dilapidées encore plus sévèrement. Ici la notion de Capital est encore plus claire : toutes nos ressources minérales s’épuisent.

Bonne nouvelle ? Cette année le nombre de Terres nécessaires à légèrement diminué. Alors que le Jour du dépassement était toujours plus précoce depuis 1970, sous l’effet de la Crise de la COVID, le Jour du dépassement est revenu au 22 août alors qu’il était le 29 juillet en 2019.

Bien sûr, nous en sommes ravis… mais regardons un peu plus loin.

Ce progrès est dû à la baisse d’activité économique en Chine et dans les pays développés principalement lié à la COVID. Tous les économistes s’accordent sur ce point.

LE PIB monde se contractera de 5% cette année et celui de l’Europe d’environ 9%. Evidemment le coût social est déjà considérable et chacun comprend bien que les Etats ne pourront pas indéfiniment s’endetter comme ils le font à l’heure actuelle pour tenter de maintenir artificiellement le bateau au-dessus de la ligne de flottaison.

Or une crise aussi majeure n’a finalement fait reculer le Jour du Dépassement que de 3 semaines (23 jours), alors qu’il aurait fallu qu’il recule de 7 à 8 mois (environ 230 jours) pour revenir à l’équilibre écologique (renouvellement des richesses naturelles liées aux cycles du carbone). En gros avec une baisse considérable de 5 % du PIB mondial et de 9% du PIB européen, nous n’avons fait que le dixième de l’effort à consentir.

Il est clair que cet effort est strictement irréalisable sans des bouleversements sociaux, moraux… inimaginables.

La crise CIVID est une expérience grandeur nature qui démontre que si nous ne réduisons pas rapidement notre démographie, nous ne pourrons revenir aux grands équilibres écologiques, quels que soient les efforts louables que nous ferons sur le plan économique. Il existe des limites qui ne peuvent être franchies en matière de baisse du PIB dans un contexte de croissance démographique.

Et encore les effets économiques dans nos économies sont-ils encore amortis par les politiques publics d’Etats riches. La crise sociale dans les pays moins bien lotis sera encore plus dramatique. Dans de nombreux pays, une baisse de 5% est totalement inconcevable : elle conduira à jeter dans la malnutrition des centaines de millions d’hommes et de femmes.

Pourtant la crise de la COVID nous a aussi montré les effets bénéfiques d’une baisse de 10% de l’activité sur notre relation à la Nature, sur la qualité de l’air, de l’eau, du silence…

Il faut donc arriver à concilier une baisse majeure du PIB, mais un maintien du PIB par habitant (ce avec quoi nous vivons tous). Mathématiquement, il y a une solution et une seule pour résoudre ce problème : diminuer la population de façon démocratique. De façon démocratique, ce ne sont pas les maths qui le disent… mais la vision d’un monde nouveau.

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