Consommation

 

Une innocente multiplication !

La crise écologique et climatique est une crise mondiale. Son traitement doit être mondial ou ne sera pas.

Que l'on s'intéresse à nos ponctions excessives de matière première, d'eau, que l'on s'intéresse à nos rejets de déchets, à nos rejets de gaz à effet de serre, et quel que soit notre niveau de vie individuel, où que nous vivions sur cette planète, notre consommation collective, nos rejets collectifs sont proportionnels à la consommation moyenne par être humain multiplié par le nombre d'habitants de cette planète.

Dans le livre, nous détaillons ce constat, en particulier en montrant les effets des injustices sociales, notamment internationales, sur cette réalité brutale. Nous tenons compte aussi des progrès technologiques, qui ne sont que de toutes petites variables d'atténuation et souvent des leurres.

Si nous voulons réduire ces niveaux inadmissibles d'injustice, en offrant à tous, en commençant par les plus démunis sur le globe, un niveau de vie juste décent, alors nos consommations, nos rejets atteindront un tel niveau que la planète n'y résistera pas.

Alors si nous ne pouvons, ne voulons, sérieusement réduire nos consommations collectives, nos rejets pour rétablir l'équilibre écologique (pas réduire de 10%, il faudrait réduire immédiatement d'un facteur 4), alors nous n'avons pas d'autre choix que de réduire la population mondiale... et vite. Seul le volontariat, appuyé par une prise de conscience et une nouvelle ontologie, permettra d'atteindre cet objectif.

 

Consommation : des ordres de grandeur démentiels.

Ici réside le véritable problème, le seul problème. Si nous n'étions qu'un milliard à consommer, nous n'aurions même pas conscience de l'existence, ou de la possibilité d'existence du réchauffement climatique. Les superficies de forêt non exploitées, non incendiées, ainsi que les océans suffiraient largement à absorber nos rejets de gaz à effet de serre.

Mais voilà, notre population atteint bientôt 8 milliards et nous serons probablement 10 ou plus de 10 à la fin du siècle et ce facteur multiplicatif change tout.

Tant que nous nous voilerons les yeux et que nous refuserons de prendre en compte les véritables ordres de grandeurs de nos consommations collectives, nous nous laisserons illusionner par des marchands de technologie, par des idéologies qui ne peuvent résoudre l'équation.

Ce livre explicite, illustre ces ordres de grandeur. Ils sont imparables et renvoient bien des "stratégies d'atténuation" au rang de pis-aller. Certes, il faut limiter  les effets de l'impact mais impact il y a aura et il sera violent, si nous ne changeons pas de philosophie, si nous ne renonçons pas d'urgence à l'anthropocentrisme.

Injustices nationales et internationales

La majorité d'entre nous ressent une profonde injustice sociale. Pour les 10% les plus défavorisés dans les pays les plus développés, la situation est très précaire et parfois totalement insupportable. Les états se doivent de mettre en place des redistributions. Des redistributions car accroître sans compensation les niveaux de vie ne fera qu'accentuer la crise écologique, via un surplus de consommation. Bon gré, mal gré, les plus favorisés doivent réduire leur consommation pour compenser.

Ceci-dit les injustices intra-nationales sont la partie émergée de l'iceberg des injustices globales. Les plus grandes injustices sont internationales, car les décalages gigantesques des niveaux de vie moyens entre nation, se conjugue partout aux injustices intra-nationales, et ces dernières sont souvent plus fortes dans les pays pauvres que dans les pays riches, qui ont les moyens "d'acheter la paix sociale".

Nous évaluons dans le livre les conséquences pour la planète de la résorption des injustices internationales, que nous appelons de nos vœux. Sans réduction drastique de la population en deux générations, la planète implosera sous l'effet des ponctions et des rejets.

Bien sûr nous devons tendre rapidement vers une décroissance de nos consommations globales, du PIB mondial, mais la contribution principale doit être obtenue via une décroissance démographique.

 
 

Progrès techniques ou l'art de déplacer les problèmes.

Il n'est pas de semaine sans que l'on nous promette LE miracle technologique, LA solution qui va sauver la planète.

Mais à aucun moment on nous explique comment nous allons pouvoir généraliser cette technique au niveau mondial, le seul niveau qui est un sens pour affronter les ordres de grandeur. Nous explorons plusieurs de ces "scoops" dont l'idée est souvent vieille comme le monde. A chaque fois, nous arrivons à la même conclusion. Ces solutions ne sont pas généralisables car elles épuiseraient une matière première rare et essentielle. 

Tout au plus exporte-t-on nos pollutions, nos ponctions, loin de notre vue et de notre système respiratoire, mais d'autres les paieront : humains déshérités ou biodiversité, dans tous les cas les générations futures.