Démographie

 

Démographie contrôlée ou "pays-blockhaus"

11 milliards d'habitants en 2100, alors que la planète est déjà asphyxiée avec nos 7,8 milliards aujourd'hui. A la fin de ce siècle, nous consommerons et rejetterons 40% de plus qu'à l'heure actuelle, si nous restons raisonnables, c'est-à-dire si nous n'augmentons aucune de nos consommations individuelles au niveau mondial. Ni les progrès technologiques, ni le recyclage ne permettront d'absorber cet excédent.

Mais comment imaginer que les peuples déshérités puissent longtemps demeurer dans un tel dénuement. Si le développement de l'Asie, de l'Amérique Latine et surtout de l'Afrique se réalise, pour compenser un peu de l'injustice internationale, ce n'est pas une augmentation de 40% qu'il faudra assumer, mais de 200 ou 300 %.

Et là, nous aurons encore fragmenté les dernières reliques d'écosystèmes naturels pour construire des habitats, pour creuser des mines, pour construire des autoroutes, pour mettre en culture des forêts, pour fournir du bois-énergie ou couvrir nos plateaux continentaux d'éoliennes ...

Nous aurons épuisé encore plus nos rares réserves de phosphate, de richesse halieutique, de gaz naturel, de métaux rares ...

A moins que nous souhaitions vivre dans un "pays-blockhaus" se fermant les yeux sur la réalité quotidienne de 5 milliards d'hommes, alors il nous faut admettre que nous allons dans la mauvaise direction.

 

Démographie et pauvreté

Quand bien même, vous accepteriez cette vision d'un avenir inhumain, alors vous vous heurterez à une difficulté majeure. Ce ne sont pas 11 milliards d'homme qui peupleront la planète mais 13, 14 ou 15 milliards. Pourquoi?

Le taux de natalité, ou de fertilité, est intimement lié au niveau de développement, à l'accès des jeunes gens à l'éducation, à la santé reproductive, à toutes les méthodes contraceptives. Construire des écoles modernes, des dispensaires, des centres de planning familial, ne se fait pas sans infrastructure générale. Tant que les couples n'auront pas confiance dans leur lendemain et celui de  leurs enfants, alors ils seront tentés de multiplier leur descendance pour assurer la continuité de la "lignée". Ce mécanisme est vieux comme le monde, et bien d'autres (emploi des enfants...) concourent à freiner la chute de fertilité lorsque l'insécurité, notamment alimentaire, mais aussi physique règne.

Ne pas investir massivement dans le développement des pays les plus démunis est le plus sûr moyen de laisser dériver encore plus la démographie.

Deux milliards d'homme consommant chacun un dizième du nécessaire ponctionnera deux fois plus la planète que 100 millions avec une vie décente . La misère à grande échelle en prime!

Nous devons investir dans la décroissance démographiques !

 

L'inertie démographique.

Les partisans des politiques natalistes oublient de nous expliquer que la démographie est soumise à une très forte inertie. C'est un vrai "supertanker".

Nous devons freiner la démographie immédiatement, revenir à 1 seul enfant par femme (de même 1 seul enfant par homme), pour espérer voire commencer à diminuer la population mondiale peu après le milieu de ce siècle.  Un enfant par femme ? Rappelons que le taux de renouvellement de la population est aux alentours de 2,1. Le livre explicite ces mécanismes et proposent diverses simulations.

C'est immédiatement qu'il faut agir. Demain il sera trop tard pour éviter l'épuisement des ressources, la fin de nombreux écosystèmes, un réchauffement global aux conséquences insupportables.

 

Qui doit consentir à remettre en cause ses habitudes ?

A regarder de façon peu attentive les courbes démographiques des différents pays, nous pourrions être tentés de penser que l'effort de réduction de natalité doit d'abord être consenti en Afrique et en Asie.

Un peu simpliste. Si en terme d'accroissement possible de la population mondiale, l'Afrique et l'Asie seront bien les principaux contributeurs, c'est aussi dans les pays développés, justement car l'accès à la santé reproductive y est bien développé, que se joue la possible décroissance de la population mondiale. 

De plus, et ce point est essentiel, un jeune occidental naissant aujourd'hui consommera, et fera donc pression sur la planète, beaucoup plus qu'un jeune africain.

C'est donc tout le monde qui doit contribuer :

  • les futurs parents des pays développés doivent réduire leur descendance d'urgence pour réaliser collectivement une seconde transition démographique en se limitant à un enfant,

  • les pays d'Afrique et d'Asie, notamment, doivent accélérer leur première transition et la mener directement jusqu'à un enfant par femme.

Consentement à l'enfant unique ?

L'évocation de la "politique de l'enfant unique" de la Chine Populaire des années 80 fait frémir. Nous partageons cette inquiétude, mais peut-être faudrait-il aussi imaginer la Chine d'aujourd'hui peuplée non de 1,4 mais de 2 à 2,5 milliards d'habitants avec son cortège de famines, de pollutions, d'épidémies ... et ses consommations de ressources.

Le problème ne serait pas celui de la Chine, mais de la planète.

Bref, ces temps sont révolus et aujourd'hui les femmes de Shangaï et d'Addis-Ababa souhaitent librement avoir au maximum un enfant...

Le libre consentement à l'enfant unique est déjà localement et peut être rapidement une réalité à l'échelle mondiale. Offrons aux hommes et aux femmes l'information impartiale sur le lien entre démographie et avenir de leur enfant et laissons les réfléchir et choisir.

Il ne s'agit plus de "politique de l'enfant unique" mais de "désir de l'enfant unique" (voire de pas d'enfant du tout pour certains d'entre nous qui souhaiteraient accélérer la transition et compenser le choix des couples moins convaincus). C'est pourquoi nous appelons à la grève démographique dès lors que nous avons eu un enfant.

Quant aux enfants : faisons leur confiance pour trouver toutes les occasions de sociabilisation !