Evolution naturelle

 

Par  évolution naturelle, on entend ici l'ensemble des mécanismes qui ont permis l'apparition (spéciation) et le cas échéant la disparition des espèces animales et végétales, sous l'influence de mutations génétiques, de modifications naturelles des conditions physicochimiques (substrat géologique, température, pression partielle des gaz, hygrométrie...) et sous l'influence des milliers d'autres espèces occupant le même environnement (co-évolution).

Les mutations des individus, leurs diversités jouent un rôle déterminant exposant ou non les gènes à la sélection, pression de sélection dépendant elle-même de l'évolution du milieu.

La Libre Evolution Naturelle consiste à perturber le moins possible l'évolution et la co-évolution des espèces dans un environnement dont les composantes physico-chimiques ne changent pas globalement par un effet artificiel.

Les mutations, principal moteur de l'évolution, se produisant au niveau individuel, il suit que la vie de chaque individu de chaque espèce compte pour assurer la Libre Evolution et la Libre Co-évolution.

La Libre Evolution suppose que chaque individu de chaque espèce puisse se déplacer librement pour entrer en interaction avec les siens et les autres espèces, n'ayant d'autres limites que celles imposées par sa biologie. Elle implique donc des espaces suffisants à l'échelle de l'espèce la plus mobile de l'écosystème.

 

Comment un concept comme la Libre Evolution Naturelle peut être le fondement d'une nouvelle ontologie ?

Ce concept remet l'Homme à la place qui est la sienne. Un élément parmi des millions d'autres issus d'un même processus, la transcription du code génétique.

Que l'Homme ait "tiré le gros lot" à ce jeu de hasard est évident, ne fait aucun doute. Mais au même titre que la connectivité plus ou moins efficace de nos neurones individuels ne nous donne aucun droit particulier sur les autres hommes, voire au contraire des devoirs, l'Homme ne se reconnait aucun droit particulier vis-à-vis des autres espèces, mais en revanche il contracte probablement des devoirs.

Parce qu'il est la seule espèce qui a le pouvoir de changer globalement l'environnement du globe, et perturber ainsi la Libre Evolution, l'Homme se doit de restreindre ses ambitions pour éviter de pervertir le processus d'évolution.

Le concept de minimisation de la perturbation de l'Evolution Naturelle doit donc devenir la base de notre ontologie, de notre philosophie de nos relations à la Nature : l'homme n'est plus, ni le centre, ni le propriétaire du monde. Il en est un des acteurs.

La Nature n'est pas anthropocentrée, elle est multi-centrée.

De cette philosophie doit découler une éthique, une constitution et des lois.

 

La Libre Evolution Naturelle peut-elle être le fondement du droit?

Les droits de l'homme ont eu du mal à accoucher. En réalité, ils ont été battis autour du concept de Droits Naturels. 

Le droit nouveau se basera aussi sur un Droit Naturel : celui collectif de toutes les espèces à bénéficier de la Libre Evolution qui leur offre une chance de se perfectionner, et donc de survivre, pour s'adapter sans cesse aux modifications du milieux et des autres espèces.

La Libre Evolution doit donc acquérir un statut de sujet juridique ayant ses propres intérêts, en particulier celui de ne pas être perturbée, garantissant ainsi le droit de toutes les autres espèces y compris de l'espèce humaine, y compris contre ses excès.

La Libre Evolution  a le mérite d'être un concept stable, indépendant de l'ère dans laquelle nous vivons, de notre psychologie du moment, du régime politique sous lequel nous vivons, de la latitude, altitude et longitude. Elle est totalement neutre, sans intention, bonne ou mauvaise, ni à l'égard de l'Homme ni d'une quelconque espèce. Elle est juste le garant suprême de la perpétuation de la vie.

 

La libre Evolution est-elle garante de la restauration des grands équilibres écologiques ?

Nous pouvons évidemment apporter une réponse par la contraposée . Le non respect de la libre évolution est la cause des grands déséquilibres. Un peu court !

Mais la restauration est-elle possible ? Intégralement non. Nous sommes déjà entrés dans une phase d'irréversibilité, mais au moins peut-on encore en limiter la portée.

La Libre Evolution pourra reprendre son cours en s'exerçant sur une nouvelle condition initiale. Le hasard et les règles de sélection étant rétablies, un nouvel équilibre apparaîtra qui ne sera certainement pas celui qui aurait prévalu sans nos interventions malencontreuses, mais un équilibre s'installera à partir duquel spéciation et sélection agiront à nouveau librement, conduisant à nouveau au perfectionnement des espèces.

Ceci suppose de redonner à la Nature de vastes espaces interconnectés disponibles pour le ré-ensauvagement (rewilding).

Ceci suppose que nous cessions d'avoir peur de la Nature, que nous lui fassions confiance, que nous cessions de penser que la Nature a besoin de nous. C'est nous qui avons besoin d'une Nature spontanée, pourvoyeuse de services écosystémiques sains.

Bref, la nouvelle ontologie propose que nous cessions de nous prendre pour un Créateur, alors que nous ne sommes que des héritiers un peu indignes.

La Nature est neutre, elle ne calcule pas, elle évolue, elle EST ... et c'est très bien ainsi. A nous de ne pas abuser de ses largesses.