Limiter notre démographie

Pourquoi?

Evidemment les motivations sont nombreuses :

  • Agir directement et efficacement sur nos consommations collectives, sur nos rejets, sur nos atteintes à la biodiversité et aux services écosystémiques, ceux-ci étant proportionnels à notre population.

  • Se donner les moyens d'appliquer notre nouvelle ontologie en redonnant à la Nature la possibilité de se restaurer par la Libre évolution.

  • Ralentir nos prélèvements, voire les annuler avec une politique ambitieuse de recyclage, afin d'éviter l'épuisement des ressources non seulement fossiles mais aussi minérales.

  • Renoncer à l'anthropocentrisme grâce à un monde de partage, non seulement entre humains, mais aussi avec l'ensemble de la flore et de la faune sauvage.

 

Quel objectif quantitatif ?

En réalité, l'objectif de population humaine doit être évalué par rapport à notre capacité de vivre en harmonie avec le reste des espèces. Plusieurs critères peuvent être utilisés .

Le moins exigeant, et qui reste par nature assez anthropocentrique, est de ne pas consommer au-delà de ce que la terre peut renouveler en un an.

Mais nous devons aussi penser que l'espace doit être équitablement réparti entre nous et les autres espèces vivantes, animales et végétales.

Toute évaluation faite, la cible de deux milliards d'humains semblent raisonnable. C'était la population mondiale vers 1930. A l'époque, notre pression sur la planète restait raisonnable ... et nous n'étions pas au moyen-âge !

 
 

Qui est concerné ?

Evidemment au premier chef la jeunesse en âge de se reproduire, les hommes et les femmes. 

Chacun doit consentir à se limiter à avoir un enfant unique durant sa vie. Tous les continents, tous les peuples, toutes les ethnies sont concernés : certains parce que leur taux de fertilité, fruit de l'histoire, est encore considérablement élevé, d'autre car leur consommation individuelle est telle que leurs enfants pèseront très lourds dans les excès de  prélèvements et les rejets .

Mais les générations plus âgées ont aussi un rôle essentiel à jouer en s'abstenant de toute pression sur leur enfants afin qu'ils "leur donnent des petits-enfants". Cette génération doit prendre conscience que le sort réservé à leurs hypothétiques petits-enfants n'aura rien de comparable avec celui des "Trente Glorieuses". La crise de la COVID est un signe parmi tant d'autres de lendemains difficiles. Nous sommes entrés, bon gré, mal gré, dans une ère où nous devrons partager des ressources et du travail de plus en plus limités entre un nombre de convives de plus en plus grand. Cela ne pourra pas se faire sans heurts sociaux et internationaux.

 

Limiter la démographie, notre démographie, comment ?

L'objectif est clair : il faut dans les toutes prochaines années faire chuter le taux de fertilité à un enfant par femme (idem un enfant par homme). Cet effort doit être maintenu pendant au moins deux générations pour revenir rapidement vers deux milliards d'humains au milieu du siècle prochain. 

Tout comme la présence de CO2 dans l'atmosphère, et donc le réchauffement consécutif, la démographie présente une forte inertie. On n'arrête pas en quelques secondes un supertanker. Raison impérative pour commencer le plus tôt possible la décroissance démographique.

La décroissance de la démographie entrainera une décroissance de la consommation et donc de la production et donc du PIB. Mais, la population diminuant, le PIB par habitant, ce avec quoi nous vivons concrètement, pourra être maintenu plus sûrement dans un monde frugal que dans un monde d'épuisement programmé des ressources et donc d'érosion des niveaux de vie individuels.

Pour les pays ayant terminé ou pratiquement terminé leur première transition démographique, qui sont en général des nations à forte consommation individuelle, il s'agit d'entreprendre d'urgence une seconde transition les amenant de 2 enfants par femme vers une seul descendant.

Concrètement, je fais quoi ?
 

En quoi la limitation de la démographie permet-elle de réenchanter le monde?

La crise de la COVID a suggéré deux réponses, une liée à ses causes, une autre liée à ses rares aspects positifs.

La première origine de la maladie est bien liée au mépris de l'homme pour la faune sauvage. Que le virus soit né de manipulation sur des animaux, ou beaucoup plus probablement de la capture de pangolins sauvages pour le marché, notre propension à réduire la part d'espace dédiée à la nature, à exploiter la faune sauvage jusque dans ses derniers retranchements, nous expose à des virus inconnus de l'homme jusqu'ici. 

La propagation initiale de l'épidémie est due à la densité de population dans les mégapoles, Wuhan n'étant qu'un démonstrateur de notre difficulté grandissante à vivre dans des ville surpeuplées, reflet de notre démographie globale, où le moindre grain de sable met en péril le système lui-même.

Le caractère pandémique de la COVID est le reflet de l'intensité de nos échanges internationaux, de la rapidité de nos moyens de transport jusque dans des zones relativement reculées. Une fois le virus arrivé dans les mégapoles nationales, partout la densité de population a favorisé la contamination, sous toutes les latitudes et toutes les longitudes.

L'ampleur de la pandémie, et sans doute son apparition, aurait pu être évitées dans un monde moins peuplé. Nous vivrions dans un monde plus sûr. Cette sécurité est aussi celle liée à une réduction des conflits d'intérêt pour l'accès aux ressources, étincelles de la plupart des conflits qu'ils soient des guerres civiles, des guerres dues aux flux migratoires et in fine des affrontements internationaux.

Mais la COVID nous a aussi permis d'expérimenter un monde plus calme, un petit peu ralenti. Chacun a pu  ressentir le sentiment de quiétude, de sérénité en l'absence de bruits incessants des avions, des camions. Partout dans le monde les capteurs ont indiqué une extraordinaire amélioration de la qualité de l'air. Les dauphins se sont rapprochés des côtes, les cerfs sont venus en lisière des forêts, le ciel était enfin immaculé vierge des zébrures inharmonieuses des trainées des jets...

Moins nombreux, nous pourrons vivre en permanence ce calme, ce bonheur simple et gratuit, ce sentiment de retrouver le contact avec une nature apaisée.

Pour certains, ce sera peut-être tout simplement une découverte, tant nombreux sont nos concitoyens aujourd'hui cloisonnés dans des villes trop densément peuplées, trop étendues, interdisant une approche régulière des milieux naturels, eux-mêmes réduits à peau de chagrin et fragmentés par notre omniprésence. 

Redonner de l'espace perdu à la Nature, c'est offrir à tous et à toute la possibilité d'expérimenter  des écosystèmes vivants en Libre Evolution Naturelle. Alors disparaitrons à la fois la peur de la Nature et ce sentiment de besoin de la dominer, qui caractérise l'anthropocentrisme.  L'Homme traitant la Nature d'égal à égal sans heurs, sans crainte ... bénéficiant seulement de ce qu'elle peut nous offrir gratuitement de surplus, de motifs incessants pour se ressourcer, pour oublier un peu les tracas quotidiens.

Mais réduire la population, c'est aussi réduire ces tracas: 

  • moins nombreux, nous serons moins de convives à devoir se partager un gâteau non extensible,

  • moins nombreux, regroupés dans des villes moyennes (50000 habitants par exemple), nous passerons moins de temps dans des transports,

  • moins nombreux, nous vivrons dans un monde aux équilibres écologiques rétablis, nous aurons beaucoup moins à craindre des sécheresses, des inondations, de la montée de la mer...

  • moins nombreux, nous vivrons des échanges internationaux apaisés, échanges de cultures et de savoirs, échanges solidaires et équitables.

MOINS NOMBREUX, PLUS SEREINS !